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Café Constant

 

 

Faire la critique d’une des adresses de Christian Constant quand on tient un site tel que troisgourmands.fr est un moment à part, car, exception faite du Roi Bocuse, le Chef Constant est sans conteste pour nous autres 3G le Pape des gourmands, le Platini des plaisirs de la Table, ou plus encore le Napoléon des fines bouches. Comment d’ailleurs ne pas avoir immédiatement à l’esprit le magnifique « c’est gourmand ! » (avec l’accent rocailleux du sud-ouest) que le Chef Constant lâche à la cantonade quand un plat fait chanter ses papilles.

Bref, chroniquer le Café Constant revenait ni plus ni moins pour nous autres - humbles critiques - à s’attaquer à Dieu le père (si, si !). Et cette critique nous a été d’autant plus difficile à réaliser dans la mesure où, comme souvent lorsque les attentes sont trop grandes, le Café Constant n’a malheureusement pas été à la hauteur de toutes nos espérances, certes très grandes….

Venons-en donc aux faits. Une fois passée l’inévitable attente de 30 à 45 minutes (classique pour cette adresse très prisée des touristes dans laquelle il n’est hélas pas possible de réserver), nous avons été installés au premier étage du restaurant qui, bien que moins exigüe que le rez-de chaussée, n’en est pas moins d’un confort assez spartiate : chaises en bois et banquette un peu veillottes, tables très proches les unes des autres, vaisselle très cantine d’école primaire……..C’est clairement un parti pris, mais on peut ne pas aimer, et cela a été notre cas.

Passons maintenant à la carte, elle ne manque pas de charme avec ses plats surannés tels que les « Saumon mariné façon hareng, pommes de terre à l’huile », « Œufs mimosa comme autrefois », « Escalope de veau Cordon-Bleu comme l’aiment nos enfants », ou encore « Basse côte blonde d'Aquitaine à l’échalote, purée de mon enfance ». Le chef joue clairement la carte de la nostalgie, du gourmand, et de l’absence de « chichi », ce qui au premier abord est séduisant.

Mais le problème, c’est qu’on a effectivement parfois l’impression de déguster ce que nous préparaient nos grands-mères : c’est très bon, car nos grands cuisinaient divinement bien, et cela à d’ailleurs tout pour plaire aux touristes internationaux de passage les yeux pleins d’étoiles devant le Parmentier de canard ou les Profiteroles maison, mais cela risque fortement de décevoir les bistronomes parisiens aguerris que vous êtes !

Les plats proposés nous ont, en somme, paru simples, beaucoup trop simples. Ce fut particulièrement frappant pour l’entrée s’agissant des œufs mimosa. Comme c’est devenu l’usage en ce renouveau actuel des tables de la capital, nous nous attendions en effet à ce que la recette soit retravaillée, à ce qu’un petit quelque chose vienne la moderniser, la déstructurer….Or quelle ne fut notre déception devant cette reproduction fidèle, beaucoup trop fidèle, de ce plat que l’on aurait pu, très honnêtement, dégusté dans un très grand nombre de bistrots Français.

Pour les entrées, la Tarte fine aux gambas grillées, salade de pousses d’épinards et sauce citronnelle s’en sort mieux, plat plus original, plus aérien, mais la Terrine de kakos et foie gras de canard, lentilles au vieux vinaigre est elle aussi assez décevante.

Les plats ne nous ont pas non plus vraiment réconciliés avec l’adresse, la Tête de veau était là encore somme toute classique, très classique, sans atteindre la perfection (très loin à notre goût de la Tête de veaux de « La Gitane », avenue de la Motte-Picquet). De leurs côtés les Palombes à la plancha, lentilles compotées au foie gras ou la Volaille «Patte Bleue» rôtie au beurre d’herbes, ont manqué de ce petit grain de folie. Ces plats étaient traditionnels, sans faire revivre la nostalgie, bourgeois, sans  être réconfortants, savoureux, sans être véritablement gourmands...

Quant aux desserts, ils ne méritent pas non plus les hourras et applaudissements de notre part. Les crèmes caramel, riz au lait et autres profiteroles nous ont plus que déçus….franchement pour une adresse comme le Café Constant, on s’attendait encore à beaucoup mieux. Sur ce type de desserts extrêmement traditionnels, vous êtes nécessairement attendus au tournant, et là c’est vraiment la déception qui l’a emportée.

Sans avoir passé une mauvaise soirée, et sans s’être ruinés (l’addition sans les vins tournant autour des 40 € par personne), ce repas a donc été pour nous un petit crève-cœur. À Force de vouloir jouer la carte de l’authenticité le « Café Constant » est en effet, selon nous, quelque peu tombé dans la caricature. 

Il est clair que Christian Constant a pris le parti de la simplicité au Café Constant, ce qui distingue en cela cette adresse de ses deux autres tables plus cossues et gastronomiques de la rue Saint Dominique («Les Cocottes de Christian Constant» et le «Violon d’Ingres »).

Pour autant, et même si le Chef Constant restera toujours pour nous, avec le Chef Bocuse, l’icône du gourmand, ce choix un peu passéiste du tout nostalgie, « Lovely » ou « So french » pour nos sympathiques voisins de tables américains, nous a quelque peu laissé de marbre….. Comme aurait justement dit ma grand-mère, pour rester sur la thématique du lieu, il n’y a pas de quoi fouetter un chat !

 

Prix par personne

 37e

Entrée

 5,5/10

Carte des vins

 6,6/10

Plat

 6,3/10

Décoration

 4,3/10

Dessert

 7/10

Service

 6/10

Rapport qualité/prix

 7/10

Présentation des mets

 5,5/10

Note Globale

 6,6/10

 

Adresse: 139 rue Saint Dominique, Paris 7éme

Note des 3 Gourmands: Sans Gourmand

Tél: 01 42 61 06 65

Site web: www.maisonconstant.com/cafe-constant/